{"id":1693,"date":"2026-01-29T18:13:32","date_gmt":"2026-01-29T17:13:32","guid":{"rendered":"https:\/\/wpchronocarto.gaillard.info\/?post_type=projet&#038;p=1693"},"modified":"2026-02-20T13:57:43","modified_gmt":"2026-02-20T12:57:43","slug":"epigraphie-arabe-un-siecle-de-prospections","status":"publish","type":"projet","link":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/projet\/epigraphie-arabe-un-siecle-de-prospections\/","title":{"rendered":"\u00c9pigraphie arabe\u00a0: un si\u00e8cle de prospections"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9ambule&nbsp;: d\u00e9limitation de l\u2019objet d\u2019\u00e9tude<\/h2>\n\n\n\n<p>Ce travail de cartographie s\u2019inscrit dans la continuit\u00e9 de l\u2019Index g\u00e9ographique du R\u00e9pertoire Chronologique d\u2019\u00c9pigraphie Arabe (RCEA), qui pr\u00e9c\u00e9da le Thesaurus d\u2019\u00c9pigraphie Islamique (TEI), publi\u00e9 en 1975. Cet index fournissait les indications n\u00e9cessaires \u00e0 la localisation des sites o\u00f9 les inscriptions des 16 premiers tomes du RCEA (1931-1964) avaient \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es. Une visualisation de ces sites sur un syst\u00e8me d\u2019information g\u00e9ographique permet de mettre \u00e0 jour cet outil d\u2019indexation, de m\u00eame que le Thesaurus a permis au RCEA de passer \u00e0 l\u2019\u00e8re num\u00e9rique, avec notamment sa mise en ligne depuis octobre 2011.<br>Les donn\u00e9es \u00e0 l\u2019origine des cartes sont donc issues du Thesaurus, qui recense dans l\u2019ensemble du monde musulman des inscriptions dat\u00e9es ou datables jusqu\u2019\u00e0 l\u2019an 1000 de l\u2019h\u00e9gire \/ 1591-92 de l\u2019\u00e8re commune, et ayant fait l\u2019objet de publications .<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb1\">1<\/a>]<\/sup>&nbsp;L\u2019aire g\u00e9ographique consid\u00e9r\u00e9e sur ces cartes est restreinte au monde arabe (20 territoires allant du Maroc \u00e0 l\u2019Arabie Saoudite<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb2\">2<\/a>]<\/sup>&nbsp;), ce qui repr\u00e9sente plus de 21 000 inscriptions r\u00e9parties sur pr\u00e8s de 780 sites. Mais les crit\u00e8res de datation excluent quantit\u00e9 d\u2019inscriptions publi\u00e9es sans indice sur cette derni\u00e8re, comme les textes d\u2019\u00e9poque ottomane. Par ailleurs, nombre de travaux n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s. Enfin, les dates utilis\u00e9es pour \u00e9tablir les cartes diachroniques de d\u00e9couvertes d\u2019inscriptions, sont g\u00e9n\u00e9ralement celles de la premi\u00e8re publication donn\u00e9e par le Thesaurus pour le site consid\u00e9r\u00e9. Lorsque nous avons pu consulter cette publication et y trouver la p\u00e9riode de prospection correspondante, cette derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 retenue dans la chronologie pr\u00e9sent\u00e9e ci-apr\u00e8s. Mais, pour de nombreux sites, la date de publication retenue repr\u00e9sente plut\u00f4t un terminus ante quem, date avant laquelle les inscriptions ont \u00e9t\u00e9 relev\u00e9es. Ainsi, si l\u2019exploitation des donn\u00e9es issues du Thesaurus pourra s\u2019av\u00e9rer utile \u00e0 des fins de comparaison entre sites (chronologie des publications, importance relative en termes de nombre d\u2019inscriptions recens\u00e9es dans le TEI), ces donn\u00e9es ne peuvent suffire pour dresser le bilan des prospections \u00e9pigraphiques dans leur totalit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La constitution du patrimoine \u00e9pigraphique arabe&nbsp;: une histoire coloniale<\/h2>\n\n\n\n<p>Dans leur d\u00e9finition des inscriptions islamiques du Dictionnaire historique de l\u2019Islam, Janine et Dominique Sourdel \u00e9crivaient<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb3\">3<\/a>]<\/sup>&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ces textes furent r\u00e9unis et publi\u00e9s sous l\u2019impulsion de sp\u00e9cialistes occidentaux qui s\u2019inspir\u00e8rent des r\u00e8gles \u00e9tablies dans le domaine des \u00e9pigraphies grecque ou latine et qui fournirent les premiers instruments de travail.&nbsp;\u00bb Cet int\u00e9r\u00eat pour les inscriptions, d\u2019abord grecques et latines, et secondairement arabes, s\u2019inscrit pleinement dans l\u2019histoire coloniale de l\u2019Afrique du nord et du Moyen-Orient, et la vie de l\u2019orientaliste suisse Max van Berchem (1863-1921), consid\u00e9r\u00e9 comme fondateur de l\u2019\u00e9pigraphie arabe, s\u2019est enti\u00e8rement d\u00e9roul\u00e9e dans cette \u00e9poque qui d\u00e9bute avec la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie par la France en 1830, et entame son d\u00e9clin concomitamment \u00e0 sa mort, avec les premi\u00e8res entit\u00e9s nationales officiellement en voie d\u2019ind\u00e9pendance au Machrek (mandat fran\u00e7ais en Syrie et au Liban en 1920, \u00e9mirat de Transjordanie et royaume d\u2019Irak en 1921, royaume d\u2019\u00c9gypte et mandat britannique sur la Palestine en 1922)<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb4\">4<\/a>]<\/sup><br>Janine Sourdel-Thomine note l\u2019apparition des \u00ab&nbsp;premiers travaux scientifiques ayant pour objet des inscriptions arabes au d\u00e9but du XIXe si\u00e8cle, avec l\u2019exp\u00e9dition d\u2019\u00c9gypte de Bonaparte<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb5\">5<\/a>]<\/sup>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>On pourrait remonter le fil de l\u2019histoire au-del\u00e0 de ce simple int\u00e9r\u00eat orientaliste, en \u00e9voquant les grands historiens et g\u00e9ographes arabes&nbsp;: Y\u0101q\u016bt al-\u1e24amaw\u012b (m. 1229), Ibn \u1e2aald\u016bn (m. 1406), ou encore Al-Maqr\u012bz\u012b (m. 1442), qui d\u00e9j\u00e0 mentionnaient \u00e0 l\u2019appui de leurs descriptions de M\u00e9dine, Wargla ou Le Caire, des inscriptions comme autant d\u2019indices renseignant sur l\u2019histoire de ces cit\u00e9s de l\u2019Islam.<br>\u00c0 la suite de ce que l\u2019on pourrait ainsi appeler une \u00ab&nbsp;protohistoire&nbsp;\u00bb de l\u2019\u00e9pigraphie arabe, Max Van Berchem a institu\u00e9 comme science une pratique de relev\u00e9 qui lui pr\u00e9existait donc, \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 les explorateurs, orientaux comme occidentaux, int\u00e9graient des inscriptions \u00e0 leur propos historique et \u00e0 leurs relations de voyage. Il en a \u00e9nonc\u00e9 les r\u00e8gles pr\u00e9cises, dans un souci d\u2019unification et d\u2019uniformisation de travaux jusqu\u2019alors \u00e9pars et de qualit\u00e9 variable quant \u00e0 la pr\u00e9sentation des inscriptions.<br>La publication par Van Berchem, entre 1894 et 1927, des premi\u00e8res parties des Mat\u00e9riaux pour un&nbsp;<em>Corpus Inscriptionum Arabicarum&nbsp;<\/em><sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb6\">6<\/a>]<\/sup>, portant sur des r\u00e9gions de ce qu\u2019il d\u00e9finit comme la \u00ab&nbsp;zone centrale&nbsp;\u00bb de l\u2019aire \u00e9pigraphique (\u00c9gypte, Palestine, Syrie, Asie Mineure), repr\u00e9sente ainsi le fondement de cette discipline, et le point de d\u00e9part chronologique des cartes pr\u00e9sent\u00e9es ici. Au cours du si\u00e8cle de recherches \u00e9coul\u00e9 depuis lors, quel chemin ont parcouru les contributeurs de l\u2019\u00e9pigraphie arabe&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1923-2023&nbsp;: un si\u00e8cle de prospections<\/h2>\n\n\n\n<p>Le premier atlas interactif recense les sites du monde arabe dont la publication initiale, d\u2019apr\u00e8s le Thesaurus d\u2019\u00c9pigraphie Islamique (TEI), est ant\u00e9rieure \u00e0 1923, soit au lendemain de la mort de Van Berchem et \u00e0 l\u2019aube des premi\u00e8res ind\u00e9pendances.<\/p>\n\n\n\n<iframe src=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=3065\" frameborder=\"0\" width=\"100%\" height=\"550\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=3065\"><strong>Carte 1&nbsp;: Prospections dans le monde arabe jusqu\u2019en 1923 (ouvrir dans une nouvelle fen\u00eatre)<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Les sites ainsi recens\u00e9s en 1923 sont au nombre de 231 sur l\u2019ensemble du monde arabe, soit environ 30&nbsp;% des sites connus en 2023, au moment de l\u2019extraction des donn\u00e9es du Thesaurus afin de proc\u00e9der \u00e0 cette cartographie. On rel\u00e8ve sur cet atlas le fort d\u00e9s\u00e9quilibre entre sites du Maghreb (15&nbsp;% de l\u2019ensemble), et sites du Machrek (85&nbsp;%), confirmant la notion de \u00ab&nbsp;zone centrale&nbsp;\u00bb \u00e9voqu\u00e9e par Van Berchem et qu\u2019il consid\u00e9rait comme le \u00ab&nbsp;noyau de l\u2019histoire musulmane<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb7\">7<\/a>]<\/sup>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<iframe src=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=30c0\" frameborder=\"0\" width=\"100%\" height=\"550\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=30c0\"><strong>Carte 2&nbsp;: Prospections dans le monde arabe jusqu\u2019en 2023<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9cart entre les sites au Maghreb et au Machrek s\u2019est accentu\u00e9 pour atteindre en 2023 un ratio de 11&nbsp;% et 89&nbsp;% respectivement, sur un total de 779 sites.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Focus sur le Maghreb&nbsp;: l\u2019\u00e9poque coloniale au c\u0153ur des premi\u00e8res recherches<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Pour les 19 sites de Libye, \u00e0 l\u2019exception de Tripoli, les publications relev\u00e9es par le TEI d\u00e9butent relativement tard, \u00e0 partir de 1951, ann\u00e9e de l\u2019ind\u00e9pendance. Elles concernent notamment les travaux d\u2019Ettore Rossi pendant la p\u00e9riode coloniale italienne.<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb8\">8<\/a>]<\/sup>Il en est de m\u00eame en Mauritanie, o\u00f9 sur trois publications recens\u00e9es, seule la plus ancienne, de 1959, consiste en une \u00e9tude \u00e9pigraphique \u00e0 proprement parler<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb9\">9<\/a>]<\/sup>. En Alg\u00e9rie en revanche, la plupart des sites (14 sur 18) avaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 prospect\u00e9s en 1923, et seules les inscriptions arabes de T\u00e9bessa<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb10\">10<\/a>]<\/sup>&nbsp;sont de publication ult\u00e9rieure \u00e0 la p\u00e9riode coloniale fran\u00e7aise, certes particuli\u00e8rement longue dans ce pays (1830-1962). Quant au Maroc, qui comptabilise \u00e9galement 18 sites (8 en 1923), et \u00e0 la Tunisie, qui pour sa part pr\u00e9sente une importante densit\u00e9 \u00e9pigraphique (24 sites r\u00e9pertori\u00e9s sur ce territoire le moins \u00e9tendu du Maghreb, contre 10 en 1923), ils ont fait l\u2019objet de prospections relativement r\u00e9guli\u00e8res au cours du si\u00e8cle pass\u00e9. Ce dernier pays, particuli\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9 dans notre domaine, illustre \u00e9galement le fort int\u00e9r\u00eat port\u00e9 aux inscriptions dans la p\u00e9riode coloniale (1881-1956), avec 13 sites, soit 54&nbsp;% du total, ayant fait l\u2019objet de premi\u00e8res publications sur cette p\u00e9riode, dont neuf pour la seule d\u00e9cennie 1881-1890. Cette p\u00e9riode correspond aux premi\u00e8res \u00e9tudes sur des villes aussi importantes pour le patrimoine national que Tunis et Kairouan. Au Maghreb dans son ensemble, le nombre de sites d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sents sur l\u2019atlas de 1923 repr\u00e9sente 41&nbsp;% du total de l\u2019atlas en 2023.<br><strong>Chronologie des activit\u00e9s \u00e9pigraphiques au Machrek<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Au Machrek, ce ratio global est moins important (28&nbsp;%), et masque aussi de fortes disparit\u00e9s&nbsp;: si la Syrie a fait l\u2019objet d\u2019une attention ancienne (54&nbsp;% des sites de 2023 figurent d\u00e9j\u00e0 sur l\u2019atlas de 1923), ainsi que l\u2019Irak (45&nbsp;%) ou l\u2019\u00c9gypte (37&nbsp;%), l\u2019Arabie Saoudite a vu une multiplication spectaculaire des publications ces cinquante derni\u00e8res ann\u00e9es, avec pr\u00e8s des deux tiers de l\u2019ensemble des sites prospect\u00e9s entre les ann\u00e9es 1970 et 2023. Bahre\u00efn, les \u00c9mirats Arabes Unis et Oman \u00e0 l\u2019exception du site de \u1e92af\u0101r n\u2019ont, quant \u00e0 eux, fait l\u2019objet de premi\u00e8res publications d\u2019inscriptions arabes qu\u2019\u00e0 partir des ann\u00e9es 1990.<br>Ces \u00e9volutions sont illustr\u00e9es sur l\u2019animation ci-apr\u00e8s, faisant appara\u00eetre les sites du Machrek selon la chronologie de ces publications recens\u00e9es par le Thesaurus.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-video\"><video poster=\"https:\/\/spipchrono.gaillard.info\/local\/cache-vignettes\/L1642xH848\/vignette_chronologie-25da8.png?1769706219\" preload=\"none\" src=\"https:\/\/spipchrono.gaillard.info\/IMG\/mp4\/machrek_1923-2023.mp4\"><\/video><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00c9gypte au c\u0153ur des prospections<\/h2>\n\n\n\n<iframe src=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=3094\" frameborder=\"0\" width=\"100%\" height=\"550\"><\/iframe>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/gcserver\/vcarte?code=3094\"><strong>Carte 3&nbsp;: Importance relative des sites en nombre d\u2019inscriptions<\/strong><\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Parmi les pays comptabilisant plus de 1000 inscriptions dans le Thesaurus (Arabie Saoudite&nbsp;: 4218, \u00c9gypte&nbsp;: 13 935, Syrie&nbsp;: 3811 et Tunisie&nbsp;: 2178), l\u2019\u00c9gypte appara\u00eet clairement comme la principale terre de pr\u00e9dilection pour l\u2019\u00e9pigraphie arabe, avec pr\u00e8s de 14 000 inscriptions r\u00e9pertori\u00e9es, dont un peu moins de 4000 issues des seules villes de Fus\u1e6d\u0101\u1e6d et du Caire. La seule autre ville pour lequel nous avons comptabilis\u00e9 plus de 1000 inscriptions (1126) est la Mecque. Parmi les autres sites importants, outre Damas (993 inscriptions), Alep (605 inscriptions), Kairouan (897 inscriptions) et Tunis (837 inscriptions), les deux derniers se trouvent \u00e9galement en \u00c9gypte.<br>Des remarques s\u2019imposent sur ceux-ci&nbsp;: Asw\u0101n<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb11\">11<\/a>]<\/sup>, avec 974 inscriptions, et ce que le Thesaurus rassemble sous le toponyme \u00ab&nbsp;Haute \u00c9gypte&nbsp;\u00bb (908 inscriptions), qui couvre \u00ab&nbsp;la partie utile de la vall\u00e9e du Nil (de 5 \u00e0 10 km de large sur quelque 900 km. de long) comprise entre le Caire et Asw\u0101n .&nbsp;\u00bb La quasi-totalit\u00e9 des inscriptions regroup\u00e9es sous ce toponyme sont issues du Catalogue g\u00e9n\u00e9ral du Mus\u00e9e arabe du Caire&nbsp;: St\u00e8les fun\u00e9raires, dont les dix tomes ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s entre 1932 et 1942 par Hassan Hawary, Hussein Rached et Gaston Wiet. Ces st\u00e8les \u00ab&nbsp;gisaient p\u00eale-m\u00eale, le plus souvent sans num\u00e9ro d\u2019inventaire, au d\u00e9p\u00f4t du Mus\u00e9e<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb12\">12<\/a>]<\/sup>&nbsp;\u00bb, ce qui explique l\u2019incertitude qui entoure leur provenance, et furent ainsi \u00ab&nbsp;d\u00fbment inventori\u00e9es et class\u00e9es<sup>&nbsp;[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nb13\">13<\/a>]<\/sup>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh1\">1<\/a>]&nbsp;<\/sup>Cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.epigraphie-islamique.uliege.be\/Thesaurus\/User\/ReadUs.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">https:\/\/www.epigraphie-islamique.uliege.be\/Thesaurus\/User\/ReadUs.aspx<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh2\">2<\/a>]&nbsp;<\/sup>Il s\u2019agit du Maroc, de la Mauritanie, de l\u2019Alg\u00e9rie, de la Tunisie, de la Libye, de l\u2019\u00c9gypte, du Soudan, de la Somalie, de la Palestine (Gaza et Cisjordanie), d\u2019Isra\u00ebl, de la Jordanie, du Liban, de la Syrie, de l\u2019Irak, de l\u2019Arabie Saoudite, du Y\u00e9men, d\u2019Oman, des \u00c9mirats Arabes Unis et de Bahre\u00efn, dans leurs fronti\u00e8res actuelles. Lors de l\u2019extraction de cette base de donn\u00e9es, aucune inscription n\u2019\u00e9tait recens\u00e9e par le TEI \u00e0 Djibouti, ni au Kowe\u00eft, ni au Qatar.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh3\">3<\/a>]&nbsp;<\/sup>SOURDEL J. et D., Dictionnaire historique de l\u2019islam. Paris, Presses universitaires de France, 2004, p. 396<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh4\">4<\/a>]&nbsp;<\/sup>Cf. pr\u00e9face d\u2019A. Schnapp \u00e0 GUTRON C., L\u2019arch\u00e9ologie en Tunisie (XIXe-XXe si\u00e8cles). Jeux g\u00e9n\u00e9alogiques sur l\u2019Antiquit\u00e9. Paris, Tunis, IRMC-Karthala, 2010&nbsp;: \u00ab&nbsp;Bien entendu, il serait tout \u00e0 fait int\u00e9ressant d\u2019explorer des formes pr\u00e9modernes de patrimonialisation. Force est, cependant, de reconna\u00eetre que l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les sites, les monuments et les objets du pass\u00e9 (au sens large) est d\u2019introduction coloniale quels que furent, par ailleurs, les objectifs alors poursuivis. Les bases juridiques et institutionnelles en ont \u00e9t\u00e9 jet\u00e9es \u00e0 cette \u00e9poque. Que cet arsenal ait \u00e9t\u00e9 orient\u00e9 pour servir des objectifs de domination, cela va sans dire, mais il a permis, de facto, l\u2019identification, la protection et la transmission d\u2019un certain nombre de sites et d\u2019objets qui figurent aujourd\u2019hui au patrimoine des pays concern\u00e9s.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh5\">5<\/a>]&nbsp;<\/sup>SOURDEL-THOMINE J., \u00ab&nbsp;Quelques \u00e9tapes et perspectives de l\u2019\u00e9pigraphie arabe&nbsp;\u00bb, Studia Islamica, 1962, vol. 17, p. 7&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh6\">6<\/a>]&nbsp;<\/sup>Notamment VAN BERCHEM M., Mat\u00e9riaux pour un Corpus Inscriptionum Arabicarum, Premi\u00e8re partie. \u00c9gypte. Fascicule premier. Le Caire. Paris, Ernest Leroux, 1894, p. I-XX<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh7\">7<\/a>]&nbsp;<\/sup>Ibid, p. X<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh8\">8<\/a>]&nbsp;<\/sup>Cf. BEN SASSI A. C., \u00ab&nbsp;Les mausol\u00e9es et les inscriptions fun\u00e9raires de la R\u00e9gence de Tripoli d\u2019Occident (1551-1911)&nbsp;\u00bb, Bulletin d\u2019\u00e9tudes orientales, Vol. LXVII, 2020, p. 185-209, et ROSSI E., Le Iscrizioni arabe e turche del Museo di Tripoli (Libia). Tripoli, D\u00e9partement des Antiquit\u00e9s, 1953<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh9\">9<\/a>]&nbsp;<\/sup>VIRE M.-M., \u00ab&nbsp;St\u00e8les fun\u00e9raires musulmanes soudano-sahariennes&nbsp;\u00bb, Bulletin de l\u2019Institut Fran\u00e7ais d\u2019Afrique Noire, Vol. XXI, s\u00e9rie B, N\u00b0&nbsp;3-4, 1959. Cette publication pr\u00e9c\u00e8de \u00e9galement l\u2019ind\u00e9pendance du pays en 1960.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh10\">10<\/a>]&nbsp;<\/sup>MAADAD M., \u00ab&nbsp;Inscriptions arabes de T\u00e9bessa&nbsp;\u00bb, Bulletin d\u2019Arch\u00e9ologie Alg\u00e9rienne, Vol. II, 1966-1967<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh11\">11<\/a>]&nbsp;<\/sup>Cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.epigraphie-islamique.uliege.be\/Thesaurus\/User\/ToponymDisplay.aspx?Id=401\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">https:\/\/www.epigraphie-islamique.uliege.be\/Thesaurus\/User\/ToponymDisplay.aspx?Id=401<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh12\">12<\/a>]&nbsp;<\/sup>Cf. Avant-propos de G. Wiet \u00e0 HAWARY H. et H. RACHED, Catalogue g\u00e9n\u00e9ral du Mus\u00e9e arabe du Caire&nbsp;: St\u00e8les fun\u00e9raires, tome I. Le Caire, Institut Fran\u00e7ais d\u2019Arch\u00e9ologie Orientale, 1932.<\/p>\n\n\n\n<p><sup>[<a href=\"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/ecrire\/?exec=article_edit&amp;id_article=140#nh13\">13<\/a>]&nbsp;<\/sup>Ibid. Un projet en cours port\u00e9 par l\u2019IFAO, en collaboration avec l\u2019Universit\u00e9 de \u2018Ayn \u0160ams et le D\u00e9partement des antiquit\u00e9s islamiques et coptes \u00e9gyptien, porte sur pr\u00e8s de 4500 st\u00e8les d\u00e9plac\u00e9es des caves de la citadelle du Caire vers un mausol\u00e9e de la cit\u00e9 des morts, dont ces st\u00e8les inventori\u00e9es dans le Catalogue g\u00e9n\u00e9ral du Mus\u00e9e arabe du Caire, \u00e0 nouveau retrouv\u00e9es p\u00eale-m\u00eale dans des conditions de conservation d\u00e9grad\u00e9es.<br>Cf.&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.google.com\/search?client=firefox-b-d&amp;q=anna+lagaron+ifao#fpstate=ive&amp;vld=cid:a48f3e98,vid:JZphYzKtvk0,st:0\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer nofollow\">https:\/\/www.google.com\/search?client=firefox-b-d&amp;q=anna+lagaron+ifao#fpstate=ive&amp;vld=cid:a48f3e98,vid:JZphYzKtvk0,st:0<\/a>, \u00e0 partir de 12:24<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Autrice : Fanny Rauwel (MMSH)<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":1695,"template":"","meta":{"_acf_changed":false,"footnotes":""},"tags":[261,268,235,296],"langue":[],"type-de-publication":[17],"class_list":["post-1693","projet","type-projet","status-publish","has-post-thumbnail","hentry","tag-fondation-mvb","tag-institut-de-recherches-et-detudes-sur-le-monde-arabe-et-musulman","tag-univ-aix-marseille","tag-universite-de-liege","type-de-publication-publications-interactives"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/projet\/1693","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/projet"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/types\/projet"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"version-history":[{"count":7,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/projet\/1693\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2732,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/projet\/1693\/revisions\/2732"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/media\/1695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1693"}],"wp:term":[{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1693"},{"taxonomy":"langue","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/langue?post=1693"},{"taxonomy":"type-de-publication","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.chronocarto.ens.fr\/wpchrono\/wp-json\/wp\/v2\/type-de-publication?post=1693"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}