Les places d’échange en mer Egée et en Méditerranée orientale sont encore mal connues entre la fin du Bronze Récent et le milieu du VIIe siècle av.n.è. Il est maintenant admis que cette période n’a pas été celle de l’effondrement et de l’interruption des mobilités que l’expression « Ages obscurs », forgée par Antony Snodgrass dans les années 1970, laissait entendre. Il convient donc de s’appuyer sur les corpus archéologiques disponibles pour proposer une relecture de ces lieux qui ont pu, dès avant le VIIe siècle av.n.è. (fondation attestée de l’emporion de Naucratis), témoigner des mobilités des individus, et par conséquent d’échanges, et de transferts techniques et culturels.
Cette base de données se propose d’appuyer les réflexions d’un projet de thèse qui vise à reconsidérer le concept d’emporion dans sa définition chronologique notamment. Si le premier emporion bien attesté, tant par les sources littéraires qu’archéologiques, est celui de Naucratis, fondé au milieu du VIIe siècle av.n.è autour du sanctuaire de l’Hellénion, des sites plus anciens semblent en réalité présenter des caractéristiques archéologiques proches de celles des emporia archaïques.
L’emporion est un concept d’historien dont le nom est emprunté au mot grec que l’on a conservé pour insister sur la spécificité du phénomène. Il s’agit d’un concept largement débattu en histoire et qui a fait l’objet de deux colloques (1993 et 2018) pour tenter d’en définir les critères. Dans les grandes lignes, il s’agit d’une structure de marché autonome, qui centralise les échanges et les circulations dans un lieu côtier ou fluvial ; qui peut être associée à un sanctuaire de frontière pouvant assurer la neutralité du lieu, et l’administration des échanges ; et qui est caractérisée par une culture matérielle mixte (objets de fabrication locale, importations, imitations techniques et culturelles).
Cette base de données aura donc pour intérêt de localiser une série de sites pertinents à étudier dans le cadre de l’étude et d’y associer le matériel archéologique permettant de nourrir une réflexion historique sur le sujet.
Projet de thèse de Syane Péchon, « L’emporion avant l’emporion ? Les places d’échanges en Égée et Méditerranée orientale, de la fin du Bronze Récent au VIIe s av.n.è. ». Sous la direction de Julien Zurbach (ENS-PSL / AOrOc) et Francis Prost (Paris I / ArScAn).
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